A LA UNEALERTE INFOSPOLITIQUE
A la Une

Politique Burkinabè : Le Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP) pose des conditions pour la reprise du dialogue politique.


Nous sommes le 14 septembre 2021, puisque c’est aujourd’hui que le cadre de concertation des partis politiques du CFOP à fait sa rentrée Politique.

lire la déclaration liminaire du chef de file de l’opposition politique

Chers compatriotes Mesdames et messieurs

Que se passe-t-il au Burkina Faso ?

Il ne se passe pas 1 jour sans qu’il y ait une catastrophe qui nous tombe sur la tête. Avec les changements intervenus dans le gouvernement et la décision du Chef de l‘Etat de s’octroyer lui-même le département de la Défense, les Burkinabè étaient en droit d’espérer légitimement une accalmie dans les attaques.

Au lieu de cela, ce sont encore des deuils nationaux qui sont décrétés, en mémoire des nombreuses victimes du terrorisme. Les chiffres sont éloquents et alarmant. Pour preuves : Le 11 juillet 2021, 10 morts dont 7 VDP à Niha-Mossi dans la commune rurale de Pensa. Le 16 juillet 2021, 3 soldats tués à Dablo. Le 5 Août 2021, 30 morts à Gorgadji dans l’Oudalan. Le 9 Août 2021, 12 soldats tombés à Toéni dans la Boucle du Mouhoun. Le 18 Août 2021, 84 morts encore à Gorgadji. Le 16 Août 2021, 6 gendarmes tombés suite à l’attaque d’un convoi d’une société minière. Trop c’est trop !!!

A ce décompte non exhaustif, il faut ajouter les blessés qui se comptent aussi par centaines.

Mesdames et messieurs,

pour toutes ces victimes du terrorisme, je vous invite à vous lever pour observer une minute de silence. (Minute de silence). Je vous remercie.

Mesdames et messieurs,

Au plan sécuritaire.

Le nombre de morts que nous avons évoqué n’est pas un chiffre fictif ou abstrait, mais bien la réalité toujours en cours au Burkina Faso. Encore tant de morts, après le dernier remaniement, et nous sommes impatients de voir les résultats de la stratégie annoncée par le gouvernement pour mettre fin à cette tragédie. Car en plus des cadavres qui continuent de s’empiler, une autre catastrophe semble se dessiner à l’horizon, le spectre de la famine. En effet, en raison du nombre de plus en plus élevé de déplacés internes, des interdictions imposées par les terroristes et le gouvernement lui-même, l’absence d’intrants agricoles, notamment de semences et d’’engrais, beaucoup de champs n’ont pas été exploités cette année. Le blocus imposé par les djihadistes aux populations de Mansila dans le Sahel ou à Tankoalou dans la région de l’Est nous amène à craindre le pire. Et que dire de la région de la boucle du Mouhoun, le grenier du Burkina, où des djihadistes empêchent les paysans de cultiver leurs champs ? Non, l’opposition politique ne saurait se taire face à cette situation. Elle exige du gouvernement la prise de mesures fortes pour la sécurité des Burkinabès partout où ils vivent et souhaitent travailler.

Peuple du Burkina Faso, Mesdames et Messieurs,

Au plan des libertés Les tentatives de réduire au silence les opposants et les activistes de la société civile par des arrestations arbitraires et des menaces multiformes ne sauraient être une stratégie payante de sortie de crise. L’histoire nous enseigne que seule la bonne gouvernance et le respect des libertés individuelles dont fait partie la liberté d’expression, sont les fondements d’une démocratie en construction. Il y’a à peine deux mois de cela, Simon Compaoré, Président du parti majoritaire a proféré des menaces explicites, au détour d’une interview accordé le Vendredi 16 juillet 2021 au journal Le Pays. Il a dit ouvertement que « face à la capacité de nuisance de l’opposition, nous allons développer une capacité de nuisance plus importante ». Il faut rappeler que ces propos ont été tenus par Monsieur Simon Compaoré suite à l’appel lancé par l’opposition pour la marche de soutien aux FDS et aux VDP. Comment peut-on comprendre qu’une opposition consciente et consciencieuse, manifeste sa solidarité et son soutien aux FDS et aux VDP pour le sacrifice suprême qu’ils consentent pour la Nation et un président d’un parti de la majorité estime que c’est de la nuisance ??? Qu’a-t-il contre les FDS et les VDP ? Nous prenons acte de ces menaces et nous mettons en garde la majorité et ses dirigeants contre toute initiative qui pourrait mettre à mal les fondements de notre vivre ensemble.

Mesdames et messieurs, le peuple a faim

Oui, le peuple a vraiment faim !!! Au plan de la vie chère et de la gouvernance. Lors de la marche des 3 et 4 juillet 2021, l’opposition politique avait réclamé des mesures pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et du contenu du panier de la ménagère. Or depuis la marche, les produits sont devenus encore plus chers. L’opposition politique réitère cette même requête au gouvernement, la baisse des prix des denrées de première nécessité en vue de soulager les souffrances des plus vulnérables de notre société. Aussi, en appelle-t-elle à la réouverture des frontières pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

Au titre de la gestion foncière,

L’opposition politique constate avec regret la suspension par le gouvernement des lotissements et l’urbanisation des grandes et moyennes villes depuis 2016 à nos jours. Paradoxalement, pour la même période 2016-2020, soit 5 ans seulement de gouvernance, ces mêmes grandes et moyennes villes ont connu des lotissements, afin… ‘‘ des parcellements’’ irréguliers trois fois supérieurs aux nombres de lotissements que le Burkina a connu depuis 1919 , date ou la ville de Ouagadougou est devenue capitale de notre pays à 2014, soit plus d’un siècle. Comment le Gouvernement a-t-il laissé créer plus de 215 sociétés immobilières en 5 ans seulement, pour dépouiller nos braves populations ? La corruption immobilière est devenue l’apanage des membres du Gouvernement. Nous prenons acte de la solution proposée par le Ministre de l’habitat sur le dossier Saaba par la proposition d’un audit immobilier. Nous osons espérer que cela n’est un simulacre ! L’opposition politique informe déjà qu’elle exploitera le rapport dudit audit et tiendra le gouvernement responsable de toute tentative de se jouer des populations de Saaba. En tout état de cause, l’opposition politique suit avec attention les propositions d’apurement du passif immobilier sur toute l’étendue du territoire.

Au titre de l’éducation

L’opinion publique a appris avec stupéfaction, la fermeture du Lycée Philippe Zinda Kaboré par le gouvernement. Les arguments évoqués pour justifier la fermeture du plus grand lycée du Burkina Faso sont entre autres :

– l’insécurité grandissante au sein de l’établissement ;

– la mise à sac du bureau du proviseur ;

– le caillassage de son véhicule et la destruction de la base de données de l’établissement qui contient les documents scolaires des élèves. Les arguments du gouvernement sont rejetés en bloc par le syndicat et le personnel dudit lycée. Ils dénoncent l’absence de concertation du Gouvernement avec les partenaires sociaux avant de prendre une décision aussi importante dans l’improvisation. Cette fermeture aura des conséquences désastreuses aussi bien pour les élèves au nombre de près de 4000, que pour les parents d’élèves et le personnel. La position du ministère de l’enseignement est d’autant plus incompréhensible, que plus de 2500 écoles sont déjà fermées du fait de l’incapacité du Gouvernement à assurer la sécurité dans notre pays. Par conséquent, le CFOP, tout en condamnant les actes d’incivismes des élèves, invite le gouvernement à revoir sa copie, en créant les conditions pour la réouverture immédiate du noble Zinda pour le compte de cette année scolaire 2021-2022. Dans tous les cas, la restructuration de certains bâtiments administratifs peut se faire en même temps que le maintien des cours. En tout état de cause, l’opposition politique apporte son soutien indéfectible aux enseignants, aux élèves et aux parents d’élèves.

Au plan sous régional,

L’opposition politique observe avec attention le contexte politique sous régional, et prend acte des changements intervenus en Guinée. Elle rappelle cependant que seuls les intérêts du peuple devraient prévaloir sur toute autre considération. Et ces intérêts ne peuvent être définis que dans le cadre d’élections inclusives, transparentes et crédibles, permettant au peuple de choisir librement ses dirigeants. Or cela n’a malheureusement pas été le cas en Guinée en 2020. Tout en regrettant la prise du pouvoir par les armes, le CFOP appelle la CEDEAO à lever les mesures de sanctions contre le peuple frère de Guinée. L’opposition saisit l’occasion de cette rentrée politique pour réaffirmer son attachement aux idéaux de paix, de justice et de concorde nationale, et rassure l’opinion nationale et internationale qu’elle est et restera une opposition républicaine. En dépit des menaces et des intimidations du Gouvernement elle ne déviera pas de sa ligne de critique de la gouvernance de l’Etat, conformément au rôle qui lui a été défini selon la constitution du Burkina Faso. L’opposition politique rappelle au gouvernement que l’année 2021 ne saurait s’achever sans une amélioration tangible de la situation sécuritaire, et sans une feuille de route claire pour favoriser le retour des déplacés internes sur leurs terres. Elle attend également, les résultats d’enquêtes indépendantes sur les cas d’effondrement de barrages ou d’édifices publics (écoles, amphithéâtres, centres médicaux…).Des sanctions exemplaires contre tous ceux dont la responsabilité est engagée devraient être prises.

Vive l’opposition Burkinabé pour que vive la démocratie au Burkina Faso.

Que Dieu veille sur le Burkina Faso !Que Dieu protège le Burkina Faso !

Je vous remercie.

Honorable Eddie KOMBOIGO, chef de file de l’opposition politique

Bienvenue sur Mediaplus Info !

Abonnez-vous pour bénéficier de nos dernières actualiés.

Nous n’envoyons pas de messages indésirables !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page