A LA UNEALERTE INFOSECONOMIEPOLITIQUESÉCURITÉ BFSOCIETE

Discours bilan du 4 septembre 2022 du Président DAMIBA : Un diagnostic sans complaisance ; un appel à un sursaut patriotique. Issaka Lingani

UN DIAGNOSTIC SANS COMPLAISANCE, ON PEUT MEME DIRE AU VITRIOL ; UNE ANALYSE FROIDE SANS CHERCHER A EMBELLIR LE TABLEAU ENCORE MOINS A TIRER LA COUVERTURE SUR SOI ; ET UNE PROJECTION DANS L’AVENIR MESUREE QUI APPELLE BEAUCOUP PLUS AU DEVOIR QU’AU REVE ; VOILA CE QUE JE DIRAI D’ENTREE DE CE DISCOURS QUI REVELE DAVANTAGE LE PRESIDENT DU FASO LE LIEUTENANT-COLONEL PAUL HENRY SANDAOGO DAMIBA, UN SOLDAT DU TERRAIN RESOLUMENT FIXE SUR SON OBJECTIF ; UN CAPITAINE QUI TIENT FERMEMENT LA BARRE AU MILIEU D’UNE TEMPETE.
IL A DIT ET DONNE CE QU’IL A DANS LE « VENTRE » COMME DIRAIT L’AUTRE ! A CHACUN DE LE PRENDRE COMME BON LUI SEMBLE. UN EXERCICE QUI N’EST PAS SANS RISQUE DANS UN PAYS OÙ IL EST CONNU DE TOUS QUE LE PATRIOTISME N’EST PAS LA CHOSE LA MIEUX PARTAGEE, TOUT AU CONTRAIRE DE L’HYPOCRISIE, LA PLUPART DES GENS N’AYANT D’YEUX QUE POUR LEURS INTERETS PERSONNELS EN LIENS AVEC LES CHAPELLES LUGUBRES DONT ILS CHANTENT A TUE TÊTE LES CANTIQUES.
AU TOTAL CEUX QUI S’ATTENDAIENT A UN LONG DISCOURS, UNE SORTE DE LITANIE DE SUCCES MATERIELS ET DE PROMESSES MIROBOLANTES EN SONT POUR LEUR FRAIS.

………………………………………
Sincèrement j’avais eu peur que le Président DAMIBA ne cherche, dans cette adresse à la Nation fort attendue, à répondre aux multiples critiques infondées et injures irresponsables de ses contempteurs qui ont retrouvé du poil de la bête depuis un certain temps et font feux de tous bois sans aucun discernement nourrissant ainsi un discours haineux qui rappelle ceux qui ont conduit à des pogroms ailleurs. Quand on écoute et lit ce qui circule sur les réseaux sociaux et dans certains fora on a peine à croire au sens des responsabilités de certains au nombre desquels des gens prétendument « au-dessus de tout soupçon » qui se font les chantres d’un nihilisme exécrable comme s’ils tiraient des dividendes dans les malheurs qui accompagnent les folies meurtrières des terroristes. J’appréhendais aussi que le Président ne cède au désir d’étaler devant tous, les victoires acquises de hautes luttes et n’exhibe à la face du monde sa stratégie avec les nouvelles acquisitions en équipements de pointe sensés nous donner un avantage définitif et établir ainsi la « montée en puissance de nos combattants ».
Il n’en a rien été, le Président du Faso ayant eu à cœur de mettre le doigt là où ça fait mal pour provoquer l’électrochoc indispensable au changement de paradigme depuis longtemps chanté mais jamais atteint comme s’il ne s’agit que d’un serpent de mers et une formule magique pour endormir les consciences et mieux continuer comme toujours.
Tout naturellement, ce choix très risqué mais hautement responsable va être tourné en dérision par ceux pour lesquels « les militaires ont échoué » avec cette réplique très savante et toute faite : si DAMIBA ne cite pas « de victoires », c’est tout simplement qu’il n’y en a pas ou qu’elles sont si insignifiantes que le faire confinerait au ridicule. N’est-ce pas ce qu’ils se complaisent à dire tous les jours. Véritables tartuffes des temps modernes, ils sont tous, à quelques exceptions près, liés au régime déchu du MPP qui ne décolère pas d’avoir perdu « sa chose », s’ils n’ont pas tout simplement des griefs particuliers avec les militaires au pouvoir et leur politique d’ouverture qui ramène dans la république et le jeu politique des pans entiers de citoyens qui avaient été ostracisés.
Pour revenir au discours, j’ai trouvé particulièrement ingénieux le double clin d’œil à notre passé et à notre histoire pour nous inciter à nous trouver des raisons d’un sursaut patriotique et d’une communauté de destin à un moment où tout semble vouloir se disloquer. J’apprécie particulièrement la référence à la reconstitution de la Haute-Volta le 4 septembre 1947 et toute la charge interpellative qu’elle suscite, car il s’agit dans les faits de « reconstituer » le pays ; un pays blessé, meurtri, traumatisé ; amputé dont le « pronostic d’existence » était très engagé il y a juste 6-7 mois. Il en est de même sur la nécessité de dépasser nos clivages politiques pour penser ensemble notre futur en laissant derrière nous nos sempiternelles querelles byzantines. S’il y a des Burkinabè qui n’ont pas été sensibles à ces références il faut convenir qu’ils sont hors du temps, pour ne pas être désobligeant vis-à-vis d’eux. Comme il fallait s’y attendre il y en a eu et même parmi les grandes plumes et les grands analystes qui voient dans cette approche, une tentative de diversion, une simple manœuvre pour éviter l’impossible bilan !
En vérité ; en vérité ; dites-moi quel intérêt y a-t-il à ce que le Président du Faso se transforme en petit écolier du CE1 avec une calculatrice en main pour donner le nombre de FDS tombés, le nombre de VDP tombés, le nombre de civils assassinés, le nombre de personnes déplacées, le nombre de personnes qui seraient retournées, les quantités de riz, de nattes, de ceci ou de cela distribuées ; les zones ou villages libérés, …
En vérité ; en vérité ; quel intérêt les Burkinabè ont-ils à ce que leur Président leur dise nous avons réceptionné tant et tant d’avions, d’hélicoptères, de drones, de … porte-avions ; nous avons commandé telle quantité de munitions ; …
En vérité ; en vérité ; qu’est-ce que cela peut apporter aux Burkinabè que le Président du Faso leur dise le nombre de terroristes neutralisés, les quantités d’armes, de motos, … récupérés ; le nombre de terroristes repentis ; …
Sans nul doute que cela aurait intéressé les professionnels en polémiques sur les sexes des anges ou les férus d’inventaires d’apothicaires mais concrètement rien de plus ou de nouveau dans la bataille contre le terrorisme. Rien ; absolument rien sinon que de susciter et d’alimenter une bataille des chiffres et des mots dont nous n’avons nullement besoin et qui va nous distraire et nous éloigner des vrais problèmes. Un véritable piège à cons que Paul Henry Sandaogo DAMIBA a su éviter, ce qui naturellement provoque la colère noire de tous ceux qui l’attendaient sur ce terrain fangeux et avaient patiemment élaboré leurs stratégies de communication pour le couler. Leurs jérémiades à la limite de l’irrévérence sont donc parfaitement compréhensibles et … excusées même si pour certains c’est un impératif de salubrité patriotique que de demander des comptes pour parfaire une éducation ratée dès la cellule familiale.
Comme je le disais à l’entame, le diagnostic fait par le Président DAMIBA est sans complaisance et surtout sans langue de bois et n’épargne personne. En pointant du doigt les responsabilités des FDS dans le pourrissement de la situation et en faisant siens certaines critiques des populations sur ces responsabilités, le Lt Cl Paul Henry Sandago DAMIBA s’est ouvert la porte pour montrer à chaque composante de la nation la poutre qu’elle a dans les yeux. Comme on le dit couramment il a dit son « gwê » (sa vérité) à chacun. Je ne voudrais pas refaire le discours mais je note que tout se retrouve dans ces propos : « … La vérité est que cet état de délabrement moral, concerne toutes les composantes de notre société. Le laxisme et le clientélisme de tous genres, se sont érigés en règle, dans une administration publique prise en otage par des groupuscules. Dans les faits, le service public s’est mué en système de corruption, de clientélisme et de marchandage aux antipodes de la bonne gouvernance tant prônée. ». Que celui qui n’a jamais fauté lève le premier la main serait-on tenté de dire !
Il faut s’y attendre, il ne m’étonnerait pas qu’on assiste à une levée de boucliers de certains milieux, voir de certaines corporations imbues de leur puissance si ce n’est de leur « indépendance ». Il s’en trouvera pour hurler au crime de lèse-majesté et ruer dans les brancards et entonner un concerto de gorets qu’on écorcherait vifs.
Au risque de faire des jaloux dans le tableau dressé par le Président du Faso, j’avoue que je suis parfaitement en harmonie avec lui sur ses critiques vis-à-vis de notre justice, car en réalité l’essentiel des problèmes que nous vivons aujourd’hui viennent de là. En effet, et il le dit si bien « L’indépendance de la justice, saluée par tous il y a quelques années de cela, semble être mal assumée, et pose à nouveau l’épineuse question de l’homme, des pouvoirs et des institutions. » On a nettement l’impression que les juges refusent d’assumer leur indépendance ou à tout le moins ne l’utilise pas à bon escient. On parle de justice à deux vitesses, de dossiers emblématiques, de procès politiques, etc. Il urge de porter des correctifs vigoureux si on veut sauver le pays. Pour être véritablement juste et indépendante, la justice ne doit pas qu’être indépendante des autres pouvoirs ou des diverses autres sources de pressions ; la justice doit aussi être indépendante du juge ! En effet le juge lui-même peut être un obstacle à une pleine administration de la justice. C’est ça qui est là !
Il y a aussi cette question des débordements langagiers sur les réseaux sociaux et les fora dans les médias qui cultivent la haine, les stigmatisations raciales et ethniques, la désinformation et autres. Sincèrement ça commence à bien faire ! A mon avis il faut y mettre un holà sans prendre de gants ! Il faut appliquer la loi dans toute sa rigueur pour que chacun réponde de ses actes. Non content que tout le monde s’érige en spécialiste de tout, il y en a qui n’ont aucun scrupule à insulter, bien pire à fabriquer de toutes pièces de fausses informations avec le noir dessein de nuire à la Transition. Dans la situation de guerre que connait le pays on ne peut pas se payer le luxe d’un tel libertinage dont les conséquences sont extrêmement dommageables.
A notre insu et parfois en toute connaissance de causes, certains d’entre nous se mettent ainsi au service de l’ennemi qui ne demande pas mieux que de nous voir nous entredéchirer, de nous auto-flageller et de nous autodétruire. C’est de cela qu’il s’agit puisque nous nous faisons un plaisir masochiste à publier et amplifier les attaques des terroristes et prenons un plaisir sadique à propager et à exagérer les informations sur les difficultés de nos troupes. C’est vraiment irresponsable et inacceptable. Il faut le savoir, la guerre qui nous est imposée est aussi et surtout de communication. Alors que c’est nous qui sommes obligés de communiquer sur nos actions, ce sont encore nous qui communiquons sur les actions des terroristes ! Jamais les terroristes ne disent que l’Armée ennemie (nos FDS et VDP) les a attaqués ici ou là et le bilan c’est ceci ou cela. Pourtant nous communiquons sur le moindre incident avec les commentaires les plus sordides.
S’il est une constante déconcertante et déroutante dans la guerre qui nous est imposée, c’est que la présence de deux ou trois binômes de terroristes sur motos, suffit à faire déguerpir tout un village ! Cessons de jouer à l’autruche et reconnaissons que dans bien de situations c’est notre passivité et notre fatalisme, notre refus de nous révolter contre l’ennemi qui lui donne sur des plateaux d’argent des victoires pour lesquelles il n’a pas « mouiller le maillot ». S’il peut paraitre pour certains un peu trop fort d’affirmer avec le Président DAMIBA que nous sommes « Un peuple qui n’a plus de repère et qui n’arrive, ni à se mobiliser derrière son armée, ni à se révolter contre l’ennemi. » il ne faut cependant pas se voiler la face. Reconnaitre nos faiblesses nous permettra de mieux les surmonter.
En vérité nous n’y arriverons jamais si la lutte doit reposer sur les seuls FDS et VDP, si la participation des populations doit être marginale voir de façade. Si les terroristes constatent que les populations refusent de subir et peuvent résister il est évident qu’ils paraderaient moins. Un des axes du sursaut patriotique appelé de tous ses vœux par le Président du Faso est sans nul doute la question du retour des PDI dans leurs localités d’origines car il pose la question fondamentale du refus de l’assistanat dans les camps pour revenir vivre de ses propres forces. Il est parfaitement inacceptable que certains analystes interprètent ces retours comme des actes de reddition et d’allégeance vis-à-vis des terroristes.
Malgré tout cela il y a un réel espoir en ce que la dynamique nouvelle enclenchée depuis la rupture du 24 janvier 2022 offre de nouvelles perspectives aussi bien en termes de stratégies, d’équipements, d’engagements, de mobilisation que de résilience. Tout n’est pas rose ; loin s’en faut, mais force est de reconnaitre que la situation aurait certainement été pire s’il n’y avait pas eu ce coup d’arrêt dans la dynamique ascensionnelle des terroristes alors que dans le même temps les nôtres prenaient un sacré coup au moral. Quand on entend certains affirmer pince sans rire que la situation a empiré on se demande s’ils sont conscients d’où nous venons. Il s’en trouve même qui poussent le ridicule jusqu’à soutenir qu’on devrait en avoir fini avec le terrorisme avec l’avènement du MPSR.
Au risque de me répéter, j’apprécie positivement cette adresse du Président DAMIBA pour son courage, son honnêteté et pour les perspectives qu’il permet d’entrevoir. Pour espérer apporter de vraies solutions il faut avoir le courage de poser les vrais problèmes et se fixer de nouveaux caps en toute responsabilité ; c’est ce que le Président Paul Henry Sandaogo DAMIBA a fait. Pour le reste chacun y va de ses commentaires et analyses.

Issaka LINGANI
Editorialiste / lastinfo.bf

Bienvenue sur Mediaplus Info !

Abonnez-vous pour bénéficier de nos dernières actualiés.

Nous n’envoyons pas de messages indésirables !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page