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Polémique sur les propos du Président de la Communauté musulmane. Ne cherchons pas des poux sur un crâne rasé. Dixit Allassane Zèba

Depuis le 3 janvier 2023 circule sur la toile un extrait des propos du Président de la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF) El hadj Kouanda Moussa à l’occasion d’une assemblée générale de la Ligue nationale des arabophones. J’ai reçu à plusieurs reprises le document audiovisuel. Je l’ai regardé et écouté une dizaine de fois. Je me demande pourquoi certains Burkinabè se disent indignés par les propos du Président de la Communauté musulmane du Burkina Faso. Je suis, moi, choqué par l’interprétation et l’exploitation malsaine faites autour de ce langage de vérité d’ El hadj Kouanda Moussa. Il a simplement dit que les étudiants qui ont des diplômes en arabe ont moins de chance d’avoir du travail que ceux qui ont des parchemins dans la langue des colonisateurs occidentaux (français ou anglais) et qu’il faut les valoriser afin de ne pas les laisser à la merci des forces du Mal notamment les groupes terroristes qui recrutent dans les rangs des chômeurs et des désespérés. Où sont les propos extrémistes dans ce discours ? Il ne faut pas chercher des poux sur un crâne rasé. El hadj Kouanda Moussa a dit la vérité. Notre système éducatif et administratif calqué sur le modèle occidental n’accorde pas assez d’importance aux étudiants qui ont obtenu leurs diplômes dans les pays arabes. Cela est sans doute lié à notre histoire. Et El hadj Kouanda Moussa le dit puisque il a souligné que les Arabes ont séjourné dans nos contrées pour enseigner leur langue et l’Islam. Après leur départ, les Blancs sont venus et depuis lors nous avons adopté leur système éducatif qui marginalise tous ceux qui n’ont pas étudié dans la langue de Molière. Cette assertion n’est-elle pas une vraie ?
Sous la révolution, le Président Thomas Sankara a envoyé des Burkinabè faire des études à Cuba. Ils sont revenus avec des diplômes d’ingénieur, de médecine, d’agriculture et autres. Que sont-ils devenus ? Malgré toutes leurs connaissances et leur savoir-faire, ils sont restés marginalisés. Est-ce de l’extrémisme si à l’occasion d’une cérémonie leur situation est évoquée et dénoncée ? La réponse est évidemment NON. Pourquoi alors quand on parle des arabophones diplômés on estime qu’il s’agit de dérapage verbal ?
El hadj Kouanda Moussa a même donné des pistes de réflexion sur la question du terrorisme en lien avec le chômage.
Notre pays est dans une situation de fragilité. Nous devons donc éviter d’être des colporteurs de fausses informations. Certains ne prennent même pas la peine de bien écouter les propos. Il se limite aux commentaires et se mettent eux aussi à commenter et à enflammer la toile alors qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat.
Le Président de la Communauté musulmane du Burkina Faso n’a rien dit de grave et les réactions suscitées par ses propos sont injustes. Nous devons au contraire le féliciter pour avoir touché du doigt une réalité sociale. Son message doit interpeller les autorités. Nous devons dans les réformes de notre système politique et social tenir compte des données en lien avec les réalités sociales afin de bâtir un Burkina plus juste et plus équitable.
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